À l’été 1714, la reine Anne mourut, mettant fin à l’ère de la dynastie Stuart qui avait duré plusieurs décennies. Mais la surprise ne résidait pas seulement dans sa mort, mais aussi dans l’identité de son successeur: George Louis, un Allemand de naissance, qui n’était pas né en Grande-Bretagne et n’en parlait même pas la langue. Les Britanniques eux-mêmes ne s’attendaient pas à ce qu’il devienne leur prochain roi.
Cependant, George Louis était le seul héritier légitime accepté par le Parlement britannique. À cette époque, le pays était en proie à un conflit intense entre catholiques et protestants. Bien que l’héritier le plus proche de la reine Anne fût son cousin, James Francis Edward Stuart, catholique, le Parlement le rejeta catégoriquement.
Conformément à l’Acte d’établissement de 1701 (Act of Settlement), le Parlement exigeait que le monarque soit de confession protestante. C’est donc George Louis qui fut choisi. Il devint par la suite le roi George Ier de Grande-Bretagne. Né en 1660 à Hanovre, en Allemagne, il parlait l’allemand et le français, mais ne maîtrisait pas l’anglais. Il ne commença à l’apprendre qu’après son accession au trône, s’appuyant sur ses conseillers et traducteurs pour communiquer avec ses ministres et son peuple. Cette situation suscita moqueries et mécontentement au sein de la société britannique, mais cela ne l’empêcha pas de consolider son règne.
Le roi George Ier était connu pour ne pas apprécier la vie britannique ni sa culture. Il préférait résider à Hanovre, même pendant son règne sur la Grande-Bretagne. Le peuple britannique en savait peu sur lui à son arrivée au pouvoir, et il était parfois surnommé « le roi étranger ».
Malgré cela, son règne marqua le début d’une période de stabilité politique, avec un affaiblissement progressif des pouvoirs de la Couronne au profit du Parlement. Cela posa les bases du régime parlementaire, caractéristique du système politique britannique moderne.
Avec son accession au trône, la maison de Hanovre entama son règne en Grande-Bretagne, un règne qui dura jusqu’en 1901 avec la mort de la reine Victoria, après environ 64 ans sur le trône. Son règne, connu sous le nom d’époque victorienne, fut marqué par l’apogée de l’expansion de l’Empire britannique.
Après la mort de la reine Victoria, son fils Edward lui succéda et devint Édouard VII, régnant jusqu’en 1910. Puis vint le roi George V, qui régna jusqu’en 1936. Durant son règne, en raison du fort sentiment anti-allemand pendant la Première Guerre mondiale, la famille royale changea son nom de Saxe-Cobourg et Gotha, d’origine allemande, pour Windsor.
En 1936, Édouard VIII devint roi du Royaume-Uni, mais abdiqua après seulement 326 jours pour épouser l’Américaine Wallis Simpson. Cette même année, son frère George VI lui succéda, régnant jusqu’à sa mort en 1952.
Cette année-là, sa fille Élisabeth monta sur le trône et devint la reine Élisabeth II, devenant la monarque britannique ayant régné le plus longtemps jusqu’à sa mort en 2022. Elle fut alors remplacée par son fils, le roi Charles III, qui règne encore aujourd’hui.
Ce qui est certain, c’est que ce trône, qui avait commencé à parler allemand au XVIIIe siècle, est devenu aujourd’hui bien plus britannique, expérimenté et évolué même si le roi règne toujours sans gouverner.